La laine, c’est quoi exactement ?

La laine, un matériau d’origine animale.

La laine se définit comme une matière souple provenant du poil de l’épiderme de mammifères. Pour certaines espèces comme notamment le mouton, ce poil forme une toison. Cette toison de laine agit tel un manteau naturel qui protège l’animal des variations de températures extérieures et des intempéries.

Le mouton, ainsi que la chèvre et le lama (alpaga) sont réputés pour leur laine, matière naturelle « offerte » par la nature. Ce matériau, constitué de fibres de kératine offre, entre autre, des capacités thermiques et isolantes. Cela explique, en partie, son utilisation dans la production textile.

Légalement, « laine » désigne les poils du mouton. Pour les poils d’autres animaux, alors on précise le nom de l’animal comme par exemple « laine d’alpaga ». Quant aux autres types de fibres d’origines animales, on les qualifie directement par les noms de l’espèce : mohair (chèvre), cachemire (chèvre), angora (lapin).

Pour le mouton, les laines sont très différentes d’une race à une autre. On répertorie des laines « gonflantes », très frisées avec des propriétés rebondissantes, des laines « rustiques » et idéales pour être feutrées ou encore longues pour être filées.

La laine, un terme parfois usurpé.

Malheureusement, le mot « laine » est régulièrement utilisé de manière abusive pour désigner les fibres synthétiques et bon marché de type acrylique « laine 100 % acrylique » et « laine polaire ».

Par extension et abus de langage, le mot « laine » désigne des matériaux de construction. Parfois d’origine minérale ou encore fabriqués par synthèse chimique, ils présentent des caractéristiques pouvant s’apparenter à la laine de mouton. En effet, leur pouvoir isolant ou leur apparence pourrait rappeler la laine de mouton : laine de verre, laine de roche, laine de bois… 

La laine de mouton, matière naturelle noble et écologique, en plus d’être offerte par la nature, est biodégradable. Contrairement à ces faux-amis, elle ne libère pas de microplastiques dans l’environnement. C’est le cas par contre des fibres synthétiques comme le polyester ou encore de la laine acrylique.

Une valorisation de la laine assez variée.

Avec ses propriétés naturelles de chaleur, thermorégulation, d’isolation thermique et phonique, la laine trouve une utilité dans de nombreux domaines. Pour le textile, cela couvre les secteurs de la literie aux vêtements en passant par les chapeaux, les chaussons et même chaussures. La laine s’emploie aussi pour de l‘éco-construction, de la décoration et accessoires (tapis, rubans, biais…).

La laine a connu de belles années prospères avant l’arrivée des fibres synthétiques issues de la pétrochimie. Alors son cours s’effondre et les savoir-faire disparaissent petit à petit.
Néanmoins, depuis quelques années, avec la conscience écologique qui grandit et l’envie de remettre du naturel dans nos industries, des filières locales renaissent. Il en demeure qu’en France, les élevages ovins sont à destination de l’alimentaire (lait et viande) ou de l’éco-pâturage. Ce ne sont pas des élevages lainiers et la laine apparait comme « sous-produit » dans la classification. Le fait de la considérer comme un sous-produit, n’encourage pas à la valoriser à sa juste valeur. Elle est parfois même jetée faute de débouché.
Aujourd’hui seuls 4% de la laine récoltée en France est valorisée dans l’hexagone.

La laine, un sous-produit sous-considéré.

Cette catégorisation de la laine en sous-produit n’encourage pas vraiment sa valorisation. De ce fait, l’attention des éleveurs, à juste titre, ne se porte pas ou peu sur les conditions permettant de produire et récolter une laine de grande qualité. Cela explique en partie que les qualités de laine soient parfois disparates.

La qualité de la laine dépend grandement de la santé du troupeau, de son alimentation et de sa présence au grand air. Elle varie aussi, en fonction de prises de conscience et d’actions à mettre en place pour récolter une laine de qualité.
C’est notamment le cas du marquage des bêtes sur le dos, souillant la laine là où elle est la meilleure. Parfois, c’est le choix du bon moment pour la tonte qui a un impact positif. Il permet en effet d’éviter la paille et débris organiques incrustés dans la laine.
L’étape du tri au moment de la tonte est elle aussi primordiale afin d’assurer une bonne sélection des fibres. De plus, l’écart des laines souillées, permet d’assurer la qualité du stockage de la laine récoltée.

Lanana se donne la mission de participer à la valorisation de cette laine française. Afin de démarrer le projet de manière plus rapide, j’utiliserai des laines pyrénéennes, récoltées par un tiers de confiance.
Si les produits de Lanana rencontre le succès que j’espère, j’envisagerai alors de récolter la laine autour de chez moi. Pour cela, je prévois de m’associer, en Savoie, avec des éleveurs ayant envie de valoriser la laine de leur troupeau.
Ainsi nous pourrons ensemble et sur nos territoires envisager récolte et transformation de cet or blanc.

À propos de moi

Camille Haesaert Boutin

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